(Texte tiré des archives de PetitMonde.com)

5 décembre 2007

Le matin de la première neige. Élie, 3 ans, se lève, tout endormi. Avant même qu’il n’aie jeté un coup d’œil à l’extérieur, je lui dévoile la surprise:

—     Tu sais quoi? Y’a plein de neige dehors!

Il prend son temps pour analyser l’information. Je m’attends à ce qu’il saute de joie, qu’il coure à la fenêtre, mais quelque chose le retient. Finalement, il pose sa question, l’air presque inquiet.

—     Oui, mais ce n’est pas encore Noël, hein papa?

Il venait tout à coup de réaliser que l’on n’avait pas encore envoyé sa lettre au Père-Noël, ni même décoré le sapin. Ne t’inquiètes pas petit lutin, Noël n’arrive jamais sans s’annoncer.


Chez nous, la journée de l’installation des lumières de Noël à l’extérieur est souvent ponctuée de mots qu’il vaut mieux éviter de prononcer devant la crèche. Sortir les lumières du fin fond du sous-sol. Essayer de retrouver lesquelles vont où. Tester les lumières et changer celles qui n’ont pas survécu au long repos. Puis, s’armer de patience et d’une échelle pour grimper installer les décorations sur le toit et dans les arbres.

Évidemment, chaque année, je réalise que je m’y prends trop tard, qu’il fait déjà si froid, et je me promets que, l’an prochain, je règlerai ce dossier plus tôt dans la saison. Ce que, bien entendu, je ne ferai pas!

Tourner autour d’une grande épinette pour l’habiller de lumières semble toujours plus facile vu d’en bas. Mais grâce à l’insidieuse collaboration des branches piquantes, des nœuds dans le fil, de l’échelle instable et de la rallonge trop courte, la simple tâche devient une aventure épique.

L’expérience ne serait pas si intéressante si, une fois installées, les lumières fonctionnaient du premier coup. Mais non. Pourquoi brillaient-elles en les vérifiant vingt minutes plus tôt, et pourquoi maintenant elles me boudent ainsi, sont des questions que j’ai depuis quelques années convenu d’éviter de me poser.

Grande respiration. Retour au magasin. Nouvelles lumières. Pas le temps de tout défaire, on enroule les nouvelles par-dessus les récalcitrantes (au printemps, je me demanderai pourquoi il y a autant de lumières à ranger…).

Juste au moment où j’allais me demander pourquoi je m’impose cette corvée chaque année, la réponse arrive à petits pas, emmitouflé dans son habit de neige. Élie fixe les lumières, impressionné de voir notre maison toute colorée. Il me regarde, tout fier, et je devine un grand sourire sous le collet de son manteau. J’ai déjà tout oublié le reste. Ça y est, Noël vient de s’allumer.


On pense souvent que Noël est une fête pour les enfants. C’est faux. En fait, le jour de Noël, oui. Mais pour les parents la fête est beaucoup plus longue.

Elle dure tout au long des chansons de Noël que l’on apprend à nos enfants et que l’on chante avec eux. C’est la fête pendant qu’on décore le sapin et la maison. Noël s’installe dans les fourneaux et se propage dans chaque pièce. C’est Noël quand on magasine ses cadeaux en imaginant sa réaction. C’est aussi Noël chaque fois qu’on parle du Pôle Nord, du renne au nez rouge, de la tournée de cadeaux, du passage dans la cheminée, du verre de lait et des biscuits.

Chaque fois que je regarde dans les yeux de mon garçon et que j’y vois des étoiles, je redécouvre un sentiment qui s’était perdu depuis la fin de mon enfance. En fait, Blondinette et moi avons triché, nous avons déjà déballé notre cadeau: «de Élie à Papa et Maman: voici Noël.».

 

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